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Tribune · Monde rural · Souveraineté

Terre, liberté,
souveraineté

Pourquoi MOTARDS PATRIOTES soutient ouvertement la Coordination Rurale, le syndicat agricole fondé par des agriculteurs pour défendre les agriculteurs, les éleveurs et les cultivateurs français.

Rassemblement d'agriculteurs de la Coordination Rurale : bonnets et gilets
                jaunes, drapeaux du syndicat et tracteurs alignés devant un orateur.
Mobilisation d'agriculteurs de la Coordination Rurale, reconnaissables à leurs bonnets jaunes. Photographie diffusée par MOTARDS PATRIOTES.

Défendre la France, c'est défendre celles et ceux qui la nourrissent. Et défendre les agriculteurs, c'est soutenir le syndicat qu'ils ont bâti eux-mêmes, pour eux-mêmes.

Tribune de MOTARDS PATRIOTES — 27 septembre 2026

Une tribune assumée

Ce texte exprime la position de MOTARDS PATRIOTES. Les faits sont sourcés à partir des publications officielles des organisations citées. Les jugements portés sur la FNSEA et la Confédération paysanne sont les nôtres : nous les présentons comme tels, et nous les assumons.

Le décor n'est pas le sujet

La terre n'est pas
un décor

La France rurale n'est pas une image de calendrier. Elle est faite de fermes, d'élevages, de cultures, de marchés et de villages dont la vie dépend encore directement de ceux qui travaillent la terre.

Derrière chaque exploitation agricole, il y a un métier exigeant, un patrimoine transmis, des investissements lourds et une dépendance permanente aux prix, aux charges, aux aléas climatiques et aux décisions réglementaires.

Pour MOTARDS PATRIOTES, parler de souveraineté sans parler d'agriculture n'a pas de sens. Un pays qui veut rester maître de son avenir doit pouvoir produire une part essentielle de son alimentation, transmettre ses savoir-faire et maintenir des exploitations viables sur tout le territoire — en Gironde, en Nouvelle-Aquitaine et dans toutes les régions françaises.

Le syndicat que nous soutenons

La Coordination Rurale :
par des agriculteurs,
pour les agriculteurs

La Coordination Rurale est née au début des années 1990, dans la colère des campagnes face à la réforme de la politique agricole commune. Elle n'a pas été conçue dans un bureau ni imposée d'en haut : elle a été fondée par des agriculteurs, pour défendre l'avenir des agriculteurs, des éleveurs et des cultivateurs français qui aiment leur terre et veulent en vivre. Devenue syndicat représentatif, elle revendique son indépendance à l'égard des organisations économiques et politiques, son apartisme et la défense de prix rémunérateurs.[1]

C'est cet ADN que nous reconnaissons : un syndicat du terrain, qui parle le langage de ceux qui produisent, qui refuse de confier son destin aux appareils et qui place le revenu, la liberté d'action et la dignité du métier au premier rang.

Les bonnets jaunes ne sont pas un uniforme de communication : ce sont ceux de paysans qui se lèvent, se déplacent et se font entendre par eux-mêmes.

Notre lecture

FNSEA :
un syndicat devenu appareil

Pour MOTARDS PATRIOTES, la FNSEA n'est plus d'abord la voix des paysans : elle est devenue un appareil. Syndicat majoritaire, elle occupe depuis des décennies les instances de représentation et de négociation avec les pouvoirs publics.[3] La Coordination Rurale qualifie ce système de « cogestion » : une organisation qui négocie avec tous les gouvernements, de gauche comme de droite, et qui gère la politique agricole autant qu'elle prétend la contester.

À nos yeux, cette proximité permanente avec le pouvoir a un prix. Un syndicat qui participe à l'écriture des règles peut difficilement les combattre. Quand les normes s'empilent et que les revenus s'effondrent, beaucoup d'agriculteurs ont le sentiment d'avoir été représentés par ceux-là mêmes qui ont accompagné les décisions.

Nous y voyons une organisation plus politique que syndicale, plus attentive aux équilibres institutionnels et aux grandes filières qu'à l'exploitant qui se lève avant l'aube. C'est notre lecture, et nous la revendiquons.

Notre lecture

Confédération paysanne :
l'idéologie avant la production

La Confédération paysanne défend un projet d'« agriculture paysanne » : des fermes nombreuses et diversifiées, l'autonomie, une forte dimension sociale et environnementale.[2] Nous respectons les paysans qui s'y engagent. Mais nous voyons dans sa ligne une vision d'abord idéologique, profondément marquée par l'écologie politique et l'altermondialisme — l'une de ses figures historiques, José Bové, a d'ailleurs poursuivi son engagement comme député européen écologiste.

Pour nous, c'est une agriculture rêvée plus qu'une agriculture vécue. Elle séduit dans les métropoles, mais elle ne répond pas aux questions qui se posent dans la cour de ferme : comment nourrir le pays, tenir face aux importations, rembourser les emprunts et payer les charges. Quand la décroissance devient un horizon, c'est le producteur qui règle la facture.

Transition

L'écologie ne doit pas devenir
une guerre contre ceux qui produisent

MOTARDS PATRIOTES ne nie ni les enjeux climatiques ni la nécessité de préserver les sols, l'eau et la biodiversité. Mais personne ne protège mieux la terre que celui qui en vit et veut la transmettre.

Nous défendons une transition construite avec les agriculteurs, et non contre eux : une règle n'est durable que si elle est techniquement applicable, économiquement supportable et cohérente avec l'objectif de produire. C'est exactement la méthode que nous défendons pour les deux-roues dans notre texte sur l'écologie citoyenne.

Agriculteurs et motards

La culture du terrain,
des deux côtés

Le parallèle avec le monde motard ne tient pas à une identité de métiers, mais à une expérience commune : celle de populations qui subissent très concrètement des décisions prises à distance.

1

Les mêmes décisions venues d'ailleurs

Les agriculteurs vivent les normes de production, le coût de l'énergie, les contraintes administratives et la volatilité des marchés. Les motards connaissent, eux aussi, le poids des réglementations techniques, des restrictions de circulation — ZFE, contrôle technique, radars sonores — et de décisions pensées sans tenir compte des usages réels.

2

La même expérience de terrain

Dans les deux univers, le terrain compte. L'expérience réelle compte. La responsabilité individuelle compte. Ceux qui rédigent les règles ne sont ni sur la machine, ni dans la cour de ferme.

3

La même solidarité

La solidarité n'est pas une formule : elle se traduit par l'entraide et la présence quand un voisin, un collègue ou un frère de route rencontre une difficulté. C'est pourquoi nous nous reconnaissons dans un syndicat qui, comme nous, refuse que d'autres parlent à sa place.

Revenu

Le travail doit
permettre de vivre

Peut-on demander à un agriculteur de produire, d'investir, de respecter toujours plus de normes, d'absorber les hausses de charges et, malgré tout, d'accepter que son revenu soit la variable d'ajustement ? Pour nous, la réponse est non.

Le revenu agricole conditionne l'installation des jeunes, la transmission des fermes, l'entretien des territoires et la survie des filières françaises. Un modèle qui ne permet pas à celui qui produit de vivre de son travail finit par perdre ses producteurs. C'est la raison d'être de notre proposition d'un revenu agricole garanti indexé sur le SMIC.

Notre position

Un soutien clair,
public, mais autonome

MOTARDS PATRIOTES soutient ouvertement la Coordination Rurale sur les combats où nos principes se rejoignent : défense du monde agricole français, souveraineté alimentaire, prix rémunérateurs, concurrence loyale, liberté d'entreprendre et respect de ceux qui travaillent la terre.

Ce soutien reste celui d'une organisation indépendante. La Coordination Rurale affirme elle-même son caractère apartisan et ne donne pas de consigne de vote ; en septembre 2026, elle a encore rappelé que l'engagement politique personnel d'un responsable n'engageait pas le syndicat.[4] Cette indépendance est précisément ce qui la distingue, et ce que nous respectons.

Pas de France forte sans agriculture forte.

Repères

Trois syndicats,
trois visions du monde agricole

Organisation Ce qu'elle affirme (sources officielles) Notre lecture
Coordination Rurale Indépendance à l'égard des organisations économiques et politiques ; apartisme ; priorité aux prix rémunérateurs, à la liberté d'action et à la souveraineté alimentaire. [1][4] Le syndicat du terrain : fondé par des agriculteurs, pour les agriculteurs. Libre, combatif, sans tutelle.
FNSEA Syndicat majoritaire, historiquement très présent dans les instances de représentation et de négociation ; défend un objectif de souveraineté alimentaire. [3] Un appareil de cogestion, plus politique que syndical, installé auprès de tous les pouvoirs successifs.
Confédération paysanne Projet d'agriculture paysanne : fermes nombreuses et diversifiées, autonomie, revenu paysan, dimensions sociales, agronomiques et environnementales. [2] Une vision idéologique, portée par l'écologie politique, éloignée des réalités économiques de la production.
Nos demandes

Ce que nous défendons
pour le monde agricole

  • Une agriculture française capable de nourrir durablement le pays.
  • Des prix permettant aux agriculteurs de vivre de leur travail, et non des aides compensant des prix trop bas.
  • Des règles cohérentes et applicables, construites avec les professionnels de terrain.
  • Une concurrence loyale : mêmes exigences pour les produits qui entrent sur le marché français et européen.
  • La transmission des exploitations et le maintien de campagnes vivantes.
  • Un syndicalisme agricole indépendant du pouvoir, porté par ceux qui travaillent la terre.

Nos routes traversent leurs terres.

Nos villages vivent grâce à eux.

Notre pays a besoin d'eux.

MOTARDS PATRIOTES — avec ceux qui font vivre la France.

Sources et note éditoriale

Nos sources

  1. Coordination Rurale — « Qui sommes-nous ? » : histoire, solidarité, indépendance, apartisme, responsabilité. coordinationrurale.fr
  2. Confédération paysanne — présentation de l'agriculture paysanne et de ses orientations. confederationpaysanne.fr
  3. FNSEA — site et documents de projet mentionnant la souveraineté alimentaire et la représentation professionnelle agricole. fnsea.fr
  4. Coordination Rurale, 9 septembre 2026 — « Notre engagement va aux agriculteurs, pas à un parti ». coordinationrurale.fr

Note éditoriale

Ce document est une tribune d'opinion de MOTARDS PATRIOTES. Les positions attribuées aux organisations agricoles sont résumées à partir de leurs propres publications officielles. Les appréciations portées sur la FNSEA et la Confédération paysanne, ainsi que le soutien exprimé à la Coordination Rurale, relèvent de l'opinion de MOTARDS PATRIOTES et ne constituent pas une consigne de vote. Conformément à nos statuts, chacun reste libre de ses opinions, de son bulletin et de son adhésion syndicale.